L’Histoire
Les Cosaques célèbres dans le monde entier
Dans bien des films réalisés à Hollywood, ils sont représentés comme des bagarreurs vifs, dansants (avec des sabres), solides et charmants, qui ont de petits chevaux fougueux et qui n'ont peur de personne et de rien. Les Cosaques, car c'est d'eux qu'il s'agit ici, sont des Russes très remarquables, c'est vrai. Avec leurs rites et les chants d'église orthodoxe, ils symbolisent l'ancienne Russie pour des millions de gens et pour les habitants de l'Europe occidentale cette ancienne Russie est suffisamment loin pour satisfaire la curiosité des cultures et des peuples inconnus et différents d'une façon agréable.
Aux Pays-Bas et en Allemagne, la première rencontre des Cosaques date de la fin de l'occupation napoléonienne. Après la chute de l'Empire français en 1813, mise en train par la bataille de Leipzig, de nombreuses unités russes (lire: des Cosaques) ont marché sur l'Allemagne et les Pays-Bas pour libérer les villes des occupants français. C'est dans cette période que les Cosaques, avec leurs grands bonnets à poils et leur grande combativité, ont commencé à frapper l'imagination de beaucoup de gens. C'est un peu comme les Américains et les Canadiens en 1945 quand ils ont libéré l'Europe occidentale du nazisme. C'est que chaque libérateur est un héros, à condition qu'il ne devienne pas l'occupant suivant.
Les Cosaques existent depuis plus de 500 ans et dans ce demi millénaire ils ont eu une grande influence sur le développement de la Principauté moscovite et de l'Empire russe dans son entier.
Le nom "Cosaque" dérive du turc et signifie à peu près homme libre et indépendant. C'est bien quelque chose pour un pays et une époque où le servage était tout à fait normal. Au fond, ces hommes russes libres et indépendants étaient une sorte de vagabonds qui vivaient dans la nature, hors du contrôle des souverains russes. Ils se trouvaient notamment le long du Don et de ses affluents. Par la chasse et la pêche et avec ce qu'ils trouvaient à manger dans les forêts, ces gens ont pu survivre. Il n'était pas question d'agriculture. C'était une vie sauvage à tous égards et il n'était pas ou presque pas question de fonder une famille ou de mener une vie sociale fixe. Au fond, c'étaient donc des vagabonds. Les vêtements et les armes étaient obtenus en attaquant les villages des Tatars de la Crimée et des Turcs situés au bord de la mer d'Azov et également en attaquant les caravanes commerciales qui voyageaient le long du Don et de la Volga. Avec leurs légers voiliers, ils naviguaient sur la mer Caspienne, la mer d'Azov et la mer Noire jusqu'à Constantinople (aujourd'hui: Istanbul).
Cependant, la parenté avec le peuple russe n'était jamais oublié. Des unités de Cosaques (car une organisation militaire commençait à se dessiner dans le courant des années) venaient par exemple en aide aux troupes russes quand le tsar Ivan le Terrible conquérait la ville de Kazan. Ils ont également livré bataille au bord de la mer Baltique pour donner à la Principauté moscovite l'hégémonie sur les autres principautés. C'étaient les Cosaques qui ont courageusement et fanatiquement lutté contre les armées d'invasion suédoises et qui les ont chassées du territoire russe.
A travers les siècles, les souverains russes se sont bien rendus compte du rôle militaire important des Cosaques: la défense contre le joug des Tatars, la victoire dans les guerres avec les Turcs et l'expulsion de Napoléon et ses armées peuvent être attribuées en grande partie aux Cosaques.
Les tsars russes faisaient vraiment de leur mieux pour lier les Cosaques à eux: armes, munition, biens et vivres étaient continuellement envoyés à la région du Don. Au fond, cela était la seule façon de garder quelque influence sur le peuple turbulent des Cosaques. Avec tant d'hommes forts et armés dans leur jardin, les tsars ne pouvaient faire autrement. Imaginez-vous que les Cosaques se retourneraient contre eux, pour n'importe quelle raison. C'est que les Cosaques n'obéissent qu'à l'Ataman qu'ils ont choisi eux-mêmes.
Vers 1800 la gloire des Cosaques, et surtout des Cosaques du Don, était à son apogée. Ils ont lutté au coude à coude avec les troupes régulières russes sous le commandement de Suworof. Lors de la campagne italienne, ils sont entrés dans l'éternité par une traversée dure des Alpes. En Autriche et en Prusse ils ont lutté contre Napoléon et ses armées. Ils ont atteint les bords de la mer du Nord et même Paris.
Le berceau de tous les Cosaques du Don se trouve sur le Don. Au début de ce siècle, ils étaient répartis sur onze armées: sur le Don et le Kouban, à Astrakhan, sur le Terek, à Ouralsk, à Orenbourg, à Semirétché, sur l'Usuri et l'Amour en Sibérie et dans le Transbaïkal. Toutes ces armées se composaient de dits "Sotjen" (centaines) et de régiments de l'armée du Don. Ils se sont établis aux endroits où les frontières devaient être gardées et si nécessaire défendues. Sur le Don, il était par exemple possible de mobiliser déjà 70.000 "sabres" (cavaliers expérimentés).
Au dix-neuvième et au début du vingtième siècle, les troupes Cosaques ont participé à toutes les guerres de l'Empire russe: ils ont lutté au Caucase, en Crimée et dans la guerre entre les Turcs et les Russes. Ils ont lutté aussi pour libérer la Bulgarie et ont finalement lutté contre les armées de l'Empire allemande lors de la première guerre mondiale de 1914-1918.
La révolution communiste de 1917 a causé une certaine scission dans la communauté des Cosaques: les hommes qui n'avaient pas de possessions suivaient les bolcheviks. Les autres prenaient une attitude d'expectative ou neutre. Pour eux, la loyauté envers le pays était plus grande que la loyauté envers le tsar (qui avait entre-temps été détrôné). Cette réserve, cependant, n'a pas duré longtemps. Les gens qui avait l'habitude de donner leur avis à haute et intelligible voix, ont eu de grands problèmes avec les puissants communistes et dictatoriaux. A partir de 1919, il y a eu une sorte de "décosaquisation": les Cosaques étaient violemment persécutés. Leur pouvoir militaire était détruit. Après, les Cosaques ont dû ou bien émigrer, ou bien plus ou moins renier leur origine. Autrement dit: les communautés des Cosaques qui sont restées en Russie ont disparues dans la clandestinité. Cette situation a durée plus de 70 ans.
Après la chute du communisme, des descendants de l'ancienne armée cosaque ont immédiatement ressurgi. Entre-temps, on retrouve les communautés des Cosaques sur les rives du Don comme toujours. Ces communautés s'appellent des "stanitsy" et sont dirigés par des "atamans". Les Cosaques sont tout à fait de retour au firmament russe.











